31/10/2007
Le grenelle et après…
Pour ma part c’est un peu dans la dernière catégorie, que je me place (facile n’est-ce pas ? ). J’ai toujours pensé qu’il valait mieux participer et faire avancer le schmilblick que de rester dans une posture à râler tout seul dans son coin. Donc je trouve ça bien que les discussions aient eu lieu, qu’un sérieux coup d’éclairage ait été donné à l’ensemble de la problématique, et qu’un chef de l’Etat s’engage sur une ambition forte d’une nouvelle donne faisant la part qui lui est due à la problématique environnementale. Maintenant je crains un peu le délitement au fur et à mesure des déclinaisons et des réalités de mise en œuvre. Je sais aussi que même si toutes les mesures envisagées se concrétisaient ce serait un tout petit pas par rapport à la réalité des torts causés à la nature quotidiennement et bien insuffisant face à un enjeu d’ampleur mondial.
Mais une chose est sûre au-delà des actions volontarisationnisées (actions dont on assure la prise de décision pour bientôt sur des bases volontaristes mais pas budgétées, ni détaillés concrètement dans leur hypothétique mise en oeuvre) le grenelle pourrait marquer un tournant pour tous les écolos.
Car le contexte a changé et quelques constats simples peuvent être avancés :
1- La société dans son ensemble s’est rapprochée d’un état de conscience satisfaisant sur les grands enjeux environnementaux. Le citoyen est de plus en plus conscient de l’effet de son mode de vie sur l’environnement et de la nécessité d’agir. Par contre de là à accepter des mesures qui l’impacterait trop violemment et trop rapidement…
2- Un dialogue rationnel est possible avec les acteurs de la société, les assos écologistes étant reconnues comme partenaire à part entière, apparemment le mode de travail à 5 (ONG, entrepreneurs, Syndicats, Etat, collectivités locales) fonctionne pas mal… au risque de s’attirer la vengeance de l’Administration et surtout des parlementaires singulièrement ringardisés par l’exercice.
3- Les assos se sont professionnalisés ; dans leur manière de se grouper (l’Alliance pour la Planète…) et de communiquer, chacun assumant son rôle et son positionnement et l’ensemble fonctionnant plutôt bien. Il faudra peut-être juste apprendre à se méfier du politic-show et des fastes elyséens. Mais vous croyez que c’est facile vous de ne pas être un peu satisfait d’être considéré comme des vrais interlocuteurs après avoir passé des années à prêcher dans le désert et à être toisé comme des doux cinglés, tolérés dans des instances pseudo-participatives pour mettre un peu d’ambiance. Alors bien sûr il y a les assos ayant voulu restées « out » of grenelle qui si elles aussi expriment (parfois) des réalités, ont choisies de garder leur indépendance au risque de que leur message soit de plus en plus difficilement audible.
4- Mais surtout les ONGs ne sont plus les seules à occuper le terrain en matière de communication environnementale. On peut même dire qu’elles se sont fait déposséder des thématiques environnementales par les Directions de communication des grandes entreprises, qui de l’exploitant de centrale nucléaire en passant par le géant pétrolier ou le manufacturier automobile lavent tous plus vert que vert. Le grand Greenwash est ouvert.
And so what’s next ? Quelles changements pour les écolos ?
Pas de tournant il faudra juste faire pareil qu’avant.
Parce qu’en terme d’alternative pas grand-chose à part se retrancher dans une zone du monde pas encore trop touchée par les modifications de l’homme et en profiter tout seul dans son coin (oui je sais c’est tentant mais ça ne résout rien). Ou alors puisque de toute manière tout est foutu autant en profiter, continuer à brûler la chandelle par les 2 bouts et rester là à acheter des 4x4 sur internet toute lumières allumées pour accélerer la catastrophe.
Donc va falloir continuer.
Continuez :
à négocier dans les groupes de travail,
à publier (et à lire) la décroissance,
d’aller compter les piafs en migration
à acheter des produits bio chez votre producteur local (ou au carouf si le cœur vous en dit),
à passer pour un illuminé,
à tenter de convaincre (et réussir parfois).
à penser global et à agir local,
à y croire quoi.
08:00 Publié dans Ecolo-attitude | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grenelle, bilan




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