09/05/2007

Vas-y; push the Mushroom!

En passant un peu de temps à Malte, comme Nicolas, j’ai l’occasion d’améliorer un peu mon anglais. N’ayant malheureusement pas eu de formation initiale en techniques de gestion de réunion dans un contexte d’utilisation de globish multi-accent, j’ai eu recours à l’auto-formation. Mais comme dirait Ségolène après le débat télévisé, l’expérience est quelque chose que l’on acquiert juste après que l’on en ait eu besoin.

Je vous livre donc une de mes botes secrètes, un équivalent du très fameux « c’est pas faux » de Perceval. Le truc qui marche assez bien pour dérider des interlocuteurs anglophones c’est d’utiliser la traduction littérale d’expression idiomatique (Ma bote : Play it « idiot-matic »).

Vous savez ces expression qu’on utilise couramment en français mais qui bien sûr ne peuvent se traduire facilement puisque basées sur des références imagées ou culturelles.

Par exemple on peut commencer par glisser un « simple comme bonjour » , As simple as Hello, ce qui engendrera le premier lever de sourcil interrogateur, mais il y a fort à parier qu’on ne vous interrompra pas tout de suite. Après quelques minutes renchérir en expliquant qu’il va falloir accélérer et  « appuyer un peu sur le champignon », « Push down the mushroom ». Là ce sera trop et vous aurez à mettre de côté la discussion sérieuse pour partir dans un échange linguistique des plus cocasses… où vous apprendrez peut-être qu’on ne dit pas Simple as Hello mais I could do it standing on my head, c'est-à-dire je pourrais le faire debout sur la tête (et avec les doigts dans le nez en prime?).  Qu’on ne dit pas Push down the Mushroom, mais “To put foot down” pour accélerer…

Quoiqu’il en soit, après cette brève disgression, les parties en présence auront compris qu’elles ont des références culturelles un peu différente certes mais qu’il est possible de s’entendre et de se comprendre  pour peu qu’on porte de l’attention à l’autre (version optimiste Ségolienne?). Au pire vous passerez pour un simple d’esprit manquant de culture anglaise (ce qui vous servira de toute manière dans cette négociation de 14 réacteurs EPR que vous êtes en train de mener puisque vos interlocuteurs vous sous-estimerons pour la suite des discussions), (Version Sakozienne ?) .

 

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08/05/2007

Vacances à Malte

 

hop soudain tous tes collègues maltais arrivent le matin en répétant la même phrase. "Hey t'as vu ton nouveau président est ici à Malte. C'est super !". Oui, oui, c'est super, combien de temps vous voulez le garder ? Parce qu'on peut s'arranger, on vous le prête le temps de prendre toutes les mesures drastiques que le gouvernement ne veut pas prendre ici (sur la gestion de l'eau notamment). Par la même occasion vous brulez quelques voitures, ce qui reglera un autre problème de circulation et fera baisser votre ratio incroyable de voiture par habitant.

 

Pour construire l'Europe, l'avenir c'est peut-être ça, le prêt de président... 

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14/03/2007

Pièges, chasses et bulletins de votes

 

Un des sujets difficiles à aborder avec mes collègues maltais, c’est la chasse. Il faut dire que la passion de la chasse aux oiseaux migrateurs sur cette île est réelle et de longue date. Un bout de caillou entre la Tunisie et l’Italie qui pouvait s’avérer bien utile lors des migrations pour faire une pause mais qui se révèle un piège meurtrier pour bien des oiseaux. Le problème c’est que le nombre d’électeurs sur une petite île est relativement faible et donc que le chantage aux voix bat son plein. Résultat Malte est tous les ans en infraction avec la législation européenne en autorisant la chasse au printemps pour quelques espèces. Mais ce qui est le plus frappant c'est le contexte général de non intervention pour le tir d’espèces protégées ni pour le piégeage au filet ou à la glue généralisé sur l’île. Ce qu’on constate c’est une confiscation complète de l’île pendant les pics de migration par les chasseurs de l’île, où les habitants (non-chasseurs) n’osent plus aller se promener.

On a vu la semaine dernière tous les filets déjà en place sur la côte Sud de l’île qui attendent bien sagement l’arrivée des migrateurs et ça fait assez froid dans le dos. Quelques chanteurs appelants étaient déjà en cage pour faire venir leurs congénères à portée de filet. Qu’est-ce qui est piégé ?: à peu près tous les passereaux chanteurs, Verdier, linotte, rossignol, tarin, pinson… Bref tout ce que tu ne peux pas tirer parce qu’il ne resterait plus rien si tu le touches… En ce moment la polémique bat son plein avec l’autorisation du gouvernement d’ouvrir la chasse ce printemps pour la Caille des blés et la tourterelle des bois encore une fois contre la réglementation européenne, bastons dans les rues, manifestations et chantage au vote.. . Quelques liens sur ce douloureux sujet… Le trash; les faits, la voix des chasseurs, et BirdLife Malta...

En tout cas c'est que vu le degré de passion dans tout ça, à partir du 1er avril je laisse les jumelles à la maison. Mais bon la partie n’est pas finie… Comme l’année dernière participez à Spring Alive !

21:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Malte, chasse

10/03/2007

La passion de la voiture

Une chose aussi qui frappe à Malte c'est le nombre impressionnant de voiture pour une si petite île. Une vrai passion avec un concours énorme de voitures kittées, un florilège de jantes alus, une variété impressionnante d'ailerons en carbone, des couleurs métalisées et chamarées à souhait. Et puis, surtout une symphonie auditive, mélange de musique des années 80 basse boostée et de passage de rapports avec compresseur. (J'ai eu le temps de bien étudier, ma chambre donne sur la rue.) Mais c'est surtout le weekend que tout ça s'exprime puisque nombreux sont ceux qui ont la voiture de la semaine et la voiture du weekend. 

Ah j'oubliais... la vitesse est limitée à 80km/h sur l'île et à 50km/h en ville, ce qui représente presque la moitié de l'île... Donc un mec en Porsche ça fait bien rigoler. 

Ceci je faisais pas forcément le malin, surtout quand tu te trompes de côté pour prendre le volant. La conduite à gauche à Malte ça va. Mais en revenant après 15 jours de condute là-bas j'aurais presque tendance à prendre les rond-points antibois à l'envers. 

 

19:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Malte

06/03/2007

Le crabe maltais

Un super weekend de découverte de l'île. Ce qui frappe dans un premier temps c'est l'échelle, un véritable modèle réduit. Une impression de Sim city en vrai avec une densité record de 1200 habitants par km². Ca change des 18 habitants au km² par habitants du Morvan.

Et puis par certains côtés les paysages sont magnifiques mais c'est rare d'avoir dans son champ de vision quelque chose de totalement préservée. Le village de pêcheur avec tous ces bateaux multicolores qui juxtapose la centrale thermique, ou une succession de falaises à la végétation magnifique qui surplombe une usine de déssalement d'eau de mer.

Mais déjà quelques grands moments passés ici, dont la recherche de Qabru, ce crabe d'eau douce endémique de Malte, qui lui aussi vit dans son petit Sim city, un modèle réduit d'écosystème cours d'eau (1km de long), un ruisseau alimenté par une nappe perchée et qui subit la pression des pompages de l'agriculture (qui dépend directement de cette ressource en eau si fragile). Surplomber la falaise de Blue Grotto à la tombée du jour et voir des petites chauve-souris sortir des trous et se nourrir d'insectes au dessus de la mer. Et puis bien sûr travailler avec les Maltais, mélange d'humour anglais et de climat méditteranéen. 

Allright, Come to Malta, that's worth it. 

PS: quelques photos des lieux, bebetes et atmosphères dans le petit lecteur Stickam à gauche. 

18:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Malte

02/03/2007

Le faucon maltais

Un weekend à Malte qui se présente entre 2 semaines de boulot, enfin l'occasion de visiter un peu plus cette île que je commence à bien connaître sans l'avoir parcouru à pieds. Peu de visiteurs ici à mon avis commence leur découverte par le nombre de km de réseaux de canalisation ou la capacité de traitement des usines de désalinisation en m3/h.

Donc ce weekend on essaiera de voir une des espèces endémiques emdémiques de l'île, un crabe d'eau douce qui ne vit que sur quelques km². 

Des nouvelles de notre quête du weekend la semaine prochaine avec des bonus.... C'est quoi le faucon maltais? Combien de voiture par habitants dans une si petite île....

16:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Malte

26/01/2007

Malte et les cochons

 Une semaine hyper intéresssante. Déjà pas de blouson à l’horizon ! Alors que je reçois des mails de Pologne “mi-figue, mi-raisin”, la neige est arrivée, cool mais il fait froid, elle était espérée mais maintenant qu’elle est là….

Ici à Malte la douceur est au Rendez-vous. Cette semaine était consacrée aux enjeux de l’agriculture liés à la gestion de l’eau. Le moins que l’on puisse dire c’est que la situation n’est pas toute rose, des teneurs en Nitrates impressionantes (jusqu’à 250 mg/l) sur certaines petites nappes. Et puis un énorme enjeu de partage de la ressource en eau qui est déjà sur-exploitée dans beaucoup de cas. Le fait est que l’agriculture est l’un des plus grands consommateurs d’eau ainsi qu’un des producteurs principaux de nitrates.
Là-dessus se superpose les enjeux de développement de l’agriculture maltaise en accord avec les politiques européennes. Un nombre impressionnant d’agriculteurs souvent à temps partiel, des exploitations très petites mal équipées et souvent assez polluantes. Avec la promotion de la réorganisation de l’agriculture c’est comme toujours le serpent qui se mord la queue, d’un côté une amélioration des fermes (mettre des toits, éviter le ruissellement qui font couler le purin vers les nappes et les rivières, veiller à une meilleure gestion de l’eau en arrosant quand il faut, par des moyens économes en eau). Ceci entraînera certainement la disparition de nombreuses fermes à terme, l’enjeu c’est de s’adapter aux nouvelles règles ou mourir à petit feu, encore faut-il avoir les moyens et l’envie de se restructurer, pas facile quand on a un autre travail à côté. D’un autre côté ce développement d’une agriculture plus professionnalisée a déjà des effets sur l’augmentation des surfaces irrigués (et donc de la consommation en eau…) ou de l’utilisation des pesticides.
D’autre part, pour éviter la contamination des sols par les nitrates et bien les bêtes qui alors pouvaient circuler en plein air vont devoir être sous des toits et sur du béton agrémenté d’une fine couche de sciure au mieux. Elles vont se voir « monitorées », blanchette qui produira 30 litres de lait par jour aura une ration distribuée automatiquement, différente de la Noiraude qui produit seulement 24l de lait par jour.
C’est tout ces enjeux qui se bousculent dans ta tête alors que t’es assis à la table d’un agriculteur maltais en train de boire un café après qu’il nous a fait visiter sa ferme et sentir qu’il aime son métier et ses bêtes et qu’il est super dur d’arriver dans un pays pour lui dire que le mieux pour la société, c’est il faudra qu’il change son mode de vie, en pompant moins, en lui rajoutant des contraintes administratives et autres joies de déclarations...

Du coup mon dictionnaire anglais-français a clairement grossi dans le champ lexical agricole... entre les truies (sows), poules pondeuses (layers), vaches à lait  (dairy cows) i tak dalej.